Le Massacre des Innocents est-il un polar ?

J’aurais aimé répondre : oui, car ainsi les choses sont simple, l’étiquette est posée, j’appartiens à un cercle et je peux passer à autre chose. Mais voilà, le polar, à l’instar de la photographie, marginalisée, méprisée par sa grande sœur la peinture, s’est senti ostracisée par la « grande littérature ». Y avait-il de bonnes raisons à cela, ce n’est pas mon propos ici. Ce qui m’a posé le plus de problème, en photo comme en littérature policière, c’est la propre « ghettoïsation » de ces disciplines.

Pour se donner une identité forte, se faire reconnaître, elles sont devenues « sectaires », érigeant règles et contraintes pour ceux souhaitant se réclamer d’elles. La « vraie » photo devenant noir et blanc, « témoin de son temps » tirant sur baryté ses « objectivités sociales ». De même pour le polar, qui ostracisé allait lui aussi se caricaturer dans les années soixante en écrivant « en noir et blanc » des récits sordides où pauvres et putains se démènent dans un univers de soupentes et de tristesse. Ne vous inquiétez pas, quelque soit le marginal, accusé (mais innocent et gentil puisqu’appartenant à une minorité), ce sera  le « fils du député ou de l’industriel puissant du coin » qui s’avérera coupable. Hormis, la stupidité du parti pris, son systématisme dénie tout suspens au récit. L’un comme l’autre, le polar et la photo, que j’aime profondément, après avoir été marginalisé, s’est donc vengé en se recherchant des codes qui forment aujourd’hui les propres barreaux de sa cage.

En ce qui me concerne, je ne fais aucune différence entre peinture et photo, comme entre littérature et polar, pire, je ne vois aucune différence entre le création d’images et celle de mots. Ça, c’est mon credo !

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