Nouvel interview Mallock en ITALIE sur le site BANCARELLA

Nouvel interview Mallock en ITALIE sur le site BANCARELLA

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INTERVIEW

 

Bancarella 3 langues

 

Traduction :

Et un GRAND MERCI à SANDRO et SANDRA

I volti di Dio est le premier roman d’un cycle de neuf. Le livre est un krimie extraordinaire. L’intrigue est très excitant et violent. Mais, avec ces livres, vous voulez dire aussi de notre temps avec une intention critique –critique mais pas traditionaliste, évidemment ? Je fais cette question en pensant Mallock, caractère extraordinaire. Homme raffiné, sage, amoureux de la vie en dépit de tout, pas positiviste (ou pas simplement positiviste). Comme il vit dans le contexte contemporain? Qui est rapide, pas beau, souvent loin de la culture.

Bien vue, je vis très très mal l’évolution de nos sociétés, sa “pipolisation” et la victoire de la médiocrité sur le talent, du mensonge sur la vérité, des hypocrites sur les justes, et j’en passe… J’ai cependant la chance d’avoir une île, un refuge : ma création, et je m’y réfugie tous les jours, peut-être un peu lâchement, ne traversant la vie du dehors qu’en me bouchant les oreilles, le nez et les yeux. Plus de télévision, pas de radio, aucune sortie mondaine… seulement la création et ma famille : deux fils merveilleux et la même sublime femme depuis 45 ans. Et bien entendu : les amis et mes lecteurs. C’est préférable pour tout le monde. Ce qui se passe me donne des envies de meurtres de masse. Et c’est, parait-il, puni par la loi. Dommage !

Giulio Passerini, à la proclamation de la sestina du Bancarella, vous a appelé “un homme de la Renaissance”. Avec une culture très vaste, qui combine de nombreuses compétences (et, bien sur, ça c’est vrai : on peut comprendre simplement en lisant ce livre). Vous acceptez cette définition ?

Elle semble en effet me correspondre puisque j’entends régulièrement ces mots prononcés à mon encontre (rire). Je suis né pour apprendre et pour créer, rien d’autre ne saurait me tirer de ma torpeur et de ma mélancolie naturelle. En temps que grand dépressif, une journée sans création me plonge dans des abimes de stress. (Si vous avez du temps à perdre : mallock.fr) Pour l’essentiel, je tente de me limiter aux 3 principaux arts : littérature, art de l’image, du tableau à la photo en passant par l’infographie (Je peux vous révéler que les couvertures des mes 3 prochains livres sortant en France en février seront Mallock-Made), et enfin la musique. J’ai également pratiqué le design, la BD, la publicité et l’Invention (Plusieurs brevets internationaux). Un seul but, une seule envie, transmettre mes émotions quelque soit le médium requis. C’est plus qu’un désir permanent, c’est un besoin vital. Le grand mystère ? Plus celles-ci seront intériorisées, plus je les penserais personnelles plus elles se révéleront universelles ! On se ressemble tous… étrangement.

Qu’est ce que vous lisez et comment vous préparez un livre? Le travail de documentation semble énorme.

Je ne lis plus depuis 25 ans. Le plan et le travail de documentation me prennent entre 18 mois et deux ans. Pour quel les choses paraissent naturelles, il faut tout apprendre d’un sujet et en tirer la “substantifique moelle”. Mais ce travail n’est pas seulement une épreuve, il est aussi source d’inspiration. L’Histoire, par exemple, nous réserve de merveilleuses surprises, de fantastiques coïncidences. Je rédige parfois 10 pages pour ne retenir que 2 phrases, (je suis un  laborieux comme gars !) mais celles-ci sont ancrées dans une vérité qui est transmise par cette longue recherche. De même façon, mes plans sont extrêmement compliqués car il se passe souvent de multiples intrigues en même temps. Il faut travailler pour les tricoter de si fine façon que l’on ne s’en rende absolument pas compte à la lecture.

Toujours à propos du livre: d’abord je l’ai appelé krimie selon la large définition allemande. Mais il ya une bonne définition? Thriller ésotérique ? Lutte métaphysique du bien contre le mal? Seulement fiction ? Qui est le “Truccatore”? Vous avez des références littéraires? Je pensais, en lisant, que vous avez lu littérature chamanique..

En France mon éditeur parle de “Thrillers Littéraires” en raison de la forme toujours très travaillée. Une forme qui a pour tache de transporter une émotion que je ne souhaite pas expliciter, que ce soit par le narratif ou le dialogue. Mon éditrice actuelle, Valérie Miguel-Kraak utilise également le terme de “thriller baroque” pour en qualifier l’imaginaire. Bien qu’appartenant à une série : “Les Chroniques Barbares”, il faut savoir qu’aucun de mes livres ne se ressemblent. En ce qui concerne “Les Visages de Dieu” votre formulation de “Thriller ésotérique” me semble très bien trouvée. L’ensemble des « Chroniques barbares » une fois terminée formera une sorte de « Comedie (in)humaine » regroupant tout ce qui fait de l’homme, le barbare qu’il sera toujours quelques soient les grimaces et les sourires, les promesses de rédemption et de non-agression qu’il fait quotidiennement. Misanthrope Mallock ? Coupable, votre honneur.

Vous pensez que vous faites partie d’une scène littéraire française, qui avec vous, avec Pierre Lemaitre, est devenue très importante ? Où vous préférez des modèles américains? J’ai lu votre interview avec Alberto Pezzini, ou vous parlez de Thomas Harris. Et j’y ai pensé quand j’ai lu la longue séquence d’autopsie dans le livre

Ne lisant plus depuis des années, je ne peux revendiquer aucune influence récente, et n’y tient pas non plus. En fait, je reste « parfumé » par mes lectures d’adolescents et de jeune-homme (C’était il y a environ 1000 ans). H.P Lovecraft, Albert Cohen, Edgard Alan Poe, Arthur Rimbaud, Victor Hugo, Bradbury, Tintin… Mon ambition a toujours été de concilier l’exigence formelle de la littérature avec l’impacte narratif des livres “de genre”. Pourquoi devrions-nous choisir ? En fait, j’ai finis par comprendre (je suis parfois très lent d’esprit) que c’est extrêmement difficile de concilier les deux. L’exigence littéraire ralentit le récit, et la narration serrée du thriller a tendance à vouloir se passer de tout décorum stylistique. L’équilibre est très difficile à trouver et à maintenir du début à la fin. Ma prétention est, quoique cela me coute de temps et d’efforts, de « tenter » d’y parvenir.

Comme tous les personnages de série Mallock a aussi co-stars de sa cour. Dans les premières pages de ce livre, on peut lire d’un merveilleux libraire indépendant. Il Bancarella est le prix des libraires indépendants. Vous êtes heureux de participer ? Voulez vous envoyer un message en faveur des libraires? Je pense que même en France il y’a la crise, mais personne ne nous vaincra!

Mon amour pour les libraires et les librairies date de mon enfance. J’y dépensais l’intégralité de mon argent de poche. Ma dose : 1 livre par jour. Je débarquais dans la librairie la plus proche le samedi matin et raflait toutes les nouveautés. Depuis, qu’ils veulent bien m’en excuser, je ne les rencontre que pour mes séances de dédicace. Et c’est à travers ces rencontres que mon histoire d’amour avec eux a recommencé de plus belle. Ça me surprend à chaque fois, à chaque nouvelle librairie. Ce sont des personnages incroyablement attachants. Et puis, franchement, sans eux, les livres seraient orphelins, non ?

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