Passage « édité » des « Larmes de Pancrace »

Les Larmes de Pancarce faisant au départ pas loin du million de signe, j'ai été obligé à l'époque, de faire un certain nombre de coupures. Bien que concernant la mort de Tom, le passage que je vous propose aujourd'hui n'était pas essentiel et ralentissait l'action. Parfois, c’était comme ça. Y'avait rien à faire, c’était l’enfer. Mallock s'était réveillé, ce matin-là, avec la mort de Thomas en lui et tout autour de lui, comme une odeur. Celle du malheur. Une effluve persistante, portant au cœur. La veille, tout avait été trop brillant. Les enfants, dansant, les enfants, riant, les enfants, chantant, tellement vivants parmi les derniers rayons orange de l'été.  Les toutes premières secondes de sa vie sans Tom, lorsqu’il avait regardé les mots s'évader de la bouche de Dublin lui annonçant l'impensable. Quand il avait observé l'hystérie des phrases prononcées, leurs petites pattes noires. Lorsqu'il avait entendu la cohorte de cloportes rebondir sur le sol brillant de l'aéroport, il n’avait pas réagi. Commotion, stupéfaction… Irradié par la douleur, il était resté debout, figé. Debout,…

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Le Volcan !

Extrait exclusif d'un livre à venir…Sur une stalle de Notre-Dame, Edgard est assis. Sa main droite est posée, aigle au repos sur une branche. Son bras gauche retombe, dessinant la seule verticale de ce corps affaissé, tout en diagonales et courbures fatiguées. Au centre de la cathédrale, là où se porte le regard du Maxilien, une femme dort. Nue, elle griffe dans son rêve la peau de son amant. Ses doigts allongés rayent la fine soie des draps. Au-dessus d’elle, toile de pierres tendue entre les arcs, la voûte du transept se perd dans l’ancienne pénombre de l’aube. Edgard regarde Théa. Il traîne les résolutions de son cœur et d’une âme anachronique, plus lourdes à son corps que le titane tissé de son armure. Colonnades obliques bâties par le ciel, de larges gloires saturées de poussières viennent s’accrocher à l’humide guipure granitée des chapiteaux. Au centre de son nid, aéronef, Théa dort. De sa bouche sort l’haleine tiède du corps. Elle forme une vapeur éphémère qui trouble les pierres. Aujourd’hui il veut savoir qui…

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Pancrace et Canicule !

Deux extraits des Larmes de Pancrace sur la canicule… Gilles et Amédée se replongèrent brusquement dans le silence. L’idée d’affronter la plèbe journalistique devenait de plus en plus terrifiante. Dehors, le paysage défilait, montrant ses premières blessures. La canicule avait fait des ravages. Malgré la valse des arrosages automatiques, les pelouses des jardins étaient à l’agonie. De leurs côtés, les maïs perdaient leurs cheveux, et les vignes, pudiques, protégeaient leurs grappes derrière les dentelles ocres de leurs feuilles inquiètes. En apercevant un champ d’éoliennes, Amédée repensa à un reportage sur les girafes, leur reproduction acrobatique et la naissance de sublimes petits. – Tu penses à quoi ? finit par lui demander Gilles. Il n’allait pas lui avouer qu’il rêvait à l’accouchement gracieux des éoliennes et aux mignons ventilateurs à leurs pieds, se mettant lentement à battre des ailes en regardant leur maman aux longs cils. On a sa fierté, quand même ! Il préféra répondre par une question : – L’arme ? C’était quoi ? ……………………………………………………………………………………………………………… Arrivé devant la maison, Jean ressort de sa…

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« La Canicule « 

Cadeau : extrait d'un roman à venir… Ce 12 août 2003, la curiosité de la populace tomba sur un ennemi redoutable : la canicule. Après un printemps exceptionnellement sec et des températures qui flirtaient avec les trente degrés, l’été était parti pour battre tous les records et atteindre les 40°. Une chaleur causée, selon les oracles télévisuels, par trois choses : un anticyclone détaché du flux zonal, un écoulement d'air remontant d'Afrique et, bien entendu, désormais incontournable, le réchauffement médiatique. Pour la nature et les agriculteurs, l’heure était grave. Pour le juge, c’était pire : une catastrophe. Il comptait absolument sur « son » procès pour faire le plein de notoriété – la nouvelle monnaie du nouveau siècle –, et se voir ouvrir les portes des médias. L’intense chaleur de ce mois d’août risquait de clairsemer les rangs des participants et de lui voler la vedette. Depuis 24 heures, l’actualité n’en avait plus que pour la canicule. À Paris, la température avait dépassé les 39° centigrades. Les médias adoraient les records, gage d’audimat. Les…

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Les Torpeurs d’hier

Ce soir, je confie au papier, ma douleur, aux mots, ma peine, et je les regarde dérouler l’histoire de ma vie. Paralysé, je me sens envahi par les torpeurs d’hier, l’odeur d’éther. École Fénelon. Un pion crie : « Septième verte à l’infirmerie ». Manche retroussée, sensation de froid sur le bras gauche, chaleur d’une cuisse. Petite plume d’acier, déchirure, sparadrap, sourire pour masquer l’entaille. Fini. Fraîcheur de l’air, tiédeur d’étude. La main droite se porte sur le pansement, démangeaison. Mon regard se perd dans les préaux de l’enfance. Platanes. Mémoire d’odeurs. Portes gravées des toilettes où baignaient de larges morceaux de pain saturés d’urine.          La nuit s'évertue. Tout est glacé, tout s’essouffle et s’emporte. C’est quoi qui nous poursuit ? Toujours et tout le temps ? C'est quoi qui nous empêche de rester immobiles, assis serein comme une montagne ? On vit, on meurt, on bâtit des barrières, et on souffle des bougies… rien ne restera. Ni ce que l’on dit au vent, ou ce que l’on grave dans le marbre des tombeaux, ni nos os, ni notre eau. La…

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Premier amour…

Teste inédit faisant partie d'un livre d'art à venir…Pourquoi les petites filles sont-elles roses ? Lili, la mienne, ma première, n’était que ça : rose partout, un éclat fuchsia de tissus et de peau. Sa langue et son odeur aussi, le goût malabar de sa peau. Le bonheur que j’avais de la revoir chaque année me faisait mal, presque peur. Avec cette connerie de cœur qui bat et tous le reste qui, tout autour, disparait. Plus qu’elle. Y’avait plus qu’elle. Elle et moi, à jouer à la poupée avec son berceau en bambou, et au docteur évidemment. Pendant des milliers d’heures. Plus qu’elle, et l'âme qui part au galop en éclaboussant tous sur son passage, le cœur qui fait gicler les vagues, avant de ralentir et, tout ivre, battre l’amble. Un dimanche, en plein mois d’août, elle a disparue. Les volets de sa maison étaient clos et ils ne se sont jamais rouverts. Je venais voir tous les jours. Le soir aussi. Deux semaines plus tard, elle n’était toujours pas là. Et elle ne…

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« Le Diner de Con » version écrivain.

"Le dîner de con !" ou "Invite un écrivain-encore-vivant à nager à tes côtés et regarde-le se noyer" En attendant de repartir me dissimuler au fond du bassin, je relis une dernière fois ce qui "devrait" être le "roman du retour" de Mallock dans les bacs… oupa, maybe baby, car oui, je m'tate ^^Quand je vois à quel point le marché du livre Français est devenu moisi, frelaté, écrasé, étouffé, rabaissé, bidonné, kidnappé, rendu captif… par la nouvelle politique de matraquage publicitaire et promotionnel délirante de certaine éditeurs-financiers, j'hésite. À quoi bon jeter ses romans à la mer en les sachant voués à l'obscurité d'un l'anonymat planifié ? Toute l'argent de la communication dans le domaine littéraire-polar est désormais mis sur 4 ou 5 tête de gondoles, 1 par éditeur.Est-ce bien raisonnable de me joindre à la table de poker en sachant que le matos est truquée et que les figures, les as et les jokers ont déjà été distribués ? Ne serait-ce pas un peu comme participer volontairement à une sorte de DINER…

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10 Mai 2019 : « J’ai la mélancolie du futur » texte de 1999 pour un livre d’art.

Me voilà qui pleure les vacances d’enfance, avec ses journées interminables de jeu et de contemplation. Une vie nouvelle pour des yeux nouveaux, une vie à regarder des choses. Du brin d’herbe au grain de blé, du jour à la nuit, des nuages aux étoiles. Grandes vacances, cette éternité qui revenait chaque année au bout du tunnel scolaire. Paradis après l’enfer. L’été après l’hiver. Avec ses digues et ses guiguis, ses pontons, ses parasols et ses grappes de baigneurs qui rigolent. Petit, peuplé de chimères, j’avais déjà entre les dents le goût du sang et les fracas métalliques d’épopées oniriques. Debout, en mes châteaux de sable, je me rêvais aventurier, barbare barbu, navigateur de mers rouges. Pilote timbré de l’aéropostale, tout fier, emmitouflé en montgolfières, grand enjambeur de cimes, je plantais mon drapeau sur les sommets enneigés du mont Ivresse. Quand il faisait plus chaud, j’allais à l’équateur, explorateur à vapeur. À bord de ma reine africaine, je devenais libérateur d’apeurées et de roses enchaînées à des ventilateurs. J’étais admirable alors, bien que personne…

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3 mai 2019 : l’odeur du thé…

Texte extrait d'un livre d'art à venir : J’écris mes étés en bord de mer, et ma mémoire me fait sourire. Comme les photos avec le temps, changent de couleur, les événements changent d’émotion. Ce qui fut pénible ou même tragique engendre souvent la même mélancolie souriante que les instants de bonheur. Parfois les émotions s’inversent et l’on sourit aux malheurs surmontés comme l’on s’attriste aux amours passées. Il faut comprendre que tout bouge, tout meurt un jour, les gens, les pyramides et les villes, les oiseaux et les planètes. Nos destinées sont comme des brins de thé dans l’eau bouillante. J’ai bougé là où rien ne m’appelait. Cent fois, j’ai changé de chemins, d’envie et de coiffures, et je vais changer encore. Déjà, je sens ma vie se cristalliser au fond de la théière, sucre amer, dans un bol de porcelaine, parmi les feuilles de thé, moitié Earl Grey, moitié regret.             Petit, en vacances sur la côte de Nâcre, on prenait de ce thé avec beaucoup de lait chaud quant il faisait trop…

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26 avril 2019 : Vieil inédit sur l’écriture.

Mallock 1993 : "J’écris pour moi, aujourd’hui, pour le salut de mon cœur, comme on s’inflige un lavement, une purge, le changement matinal des pansements, le passage du coton d’éther sur les plaies avant de dormir. Je grave mes mots, les uns après les autres, comme on pisse après avoir bu, comme on saigne après le passage émouvant du couteau. Aujourd’hui, moi qui n’ai jamais jalousé l’autre, voilà que je me mets à en vouloir aux bêlements humanitaires des raconteurs de rien, aux best-vendeurs estivaux qui vendent leur médiocrité par milliers, à tous ces animaux littéraires à but cathodique et à usage unique. Aux pisseuses trashs, harpies rouges ou veuves noires, grandes avaleuses de gloire, de fruits flasques et de foutre, egos et lèvres hypertrophiés, qui pensent que leur trou du ventre est le nombril du Monde. Aux précieux ridicules, piliers de Pivots, branleurs d’ego, idéologues pour gogues, ducons en jabots, histrions hystériques, rebelles bêlants, sycophantes manichéistes, vaniteux en velours, tous ces lécheurs de boules, avec leurs pages blanches et le devoir qu’ils se…

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19 avril 2019 : Texte inédit sur Notre-Dame de Paris

Extrait d'un roman à venir :Karib’oar et son embarcation n’étaient plus qu’à deux cents pas de Notre-Dame. Le maître Cargo, pour repérer les positions ennemies, leva son regard vers le ciel, et le ciel lui renvoya l’image de Pierre, un visage qu’il n’avait pas oublié. C’était à cause de ces yeux, de ce profil, de l’orgueil désespéré de son cou, que le chef des Cargos avait, pour la première et seule fois de sa vie, tué l’un des siens, d’une flèche en pleine nuque, il y a trois ans déjà. Les cloches avaient résonné comme chaque fois que Théa réclamait un corps pour se satisfaire de son sang. Alors il avait obéi, détruisant l’un de ses plus braves guerriers, afin d’offrir vivante, une nouvelle proie à Théa. Avait-il eu raison ? Mais il n’est plus temps de penser, il est temps de mourir. Alors, puisque se dresse, lacustre, l’édifiant édifice savamment sculpté de prosodies antiques, lui, Karib’oar, trop vieux pour se soucier encore de son corps, trop guerrier pour songer à rompre le combat,…

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